VVL :: Le Blog sur les Licences Libres, Open Source, et leur diffusion

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jeudi 26 janvier 2012

La licence CC-Zero : une licence en faveur du domaine public.

A l’occasion de la journée du Domaine Public, nous vous proposons d’évoquer la licence Creative Commons Zero ( CC-0 )

La licence CC-Zero : une licence en faveur du domaine public.

Utilisée telle une déclaration d’intention sur les ouvrages Un monde sans copyright… et sans monopole (ed. Framabook) et Piratons la démocratie (ed. ILV)), la licence Creative Commons Zero (CC-0) est un contrat qui traduit la volonté des auteurs d"une œuvre (scientifiques, enseignants, artistes, créateurs) souhaitant renoncer à leurs droits au profit du domaine public (ou, lorsque la loi ne leur permet pas, de les céder très largement). Toute personne est ainsi invitée à réutiliser librement leur création, quelque soit le but et sans aucune restriction de droit.

Cette licence découle du positionnement en faveur du domaine public initié par Sciences Commons en 2007. Elle concède très largement les droits sur les données (et les bases de données) dans le but de permettre leur combinaison et diffusion sans entrave. Le projet communautaire Personal Genome ainsi que la région italienne du Piémont figurent ainsi parmi les premiers utilisateurs.

Le travail de traduction fut réalisé courant 2010 par les associations VeniVidiLibri et Framasoft, dans leur objectif de vulgarisation et de promotion des licences libres (notamment au travers des licences GNU GPL, ODbL, Art Libre et Creative Commons).

La problématique

Déposer des travaux dans le domaine public est difficile, pour ne pas dire impossible, pour les personnes qui souhaitent contribuer à l’usage public avant l’expiration de leurs droits. Peu de juridictions offrent une telle possibilité et les législations varient d’une juridiction à l’autre (cession, date d’expiration, renoncement ).

Aucun texte et aucune jurisprudence ne permettent à ce jour de donner de réponse certaine à la question de la validité d’un tel « domaine public » consenti. Néanmoins, la validité d’une mise volontaire dans le domaine public d’une œuvre par son auteur reste très critiquée au regard du parallélisme des formes : seule la loi pouvant reprendre ce qu’elle a donné (à ce sujet, voir Jean (Benjamin), Option Libre. Du bon usage des licences libres, Paris, Framabook, déc. 2011, p26). Par ailleurs, certains droits (notamment celui d’être cité comme auteur droit de paternité) sont inaliénables et seront maintenus — même à l’égard d’ œuvre du domaine public ou en situation de cession très large.

La solution CC0

Ainsi, la licence Creative Commons Zero (CC-0) agit en deux temps et traduit l’intention des créateurs d’abandonner tous leurs droits de copie et droits associés dans la limite offerte par la loi ou, lorsqu’un tel acte est impossible, d’opérer une cession non exclusive très large. De cette façon le domaine public et le domaine du libre se rejoignent pour ne faire qu’un.

Conforme à l’esprit d’internet et du numérique, la licence Creative Commons Zero (CC-0) est un instrument universel et sans frontière. Au final, et bien que sa réception differera selon les législations en vigueur, cette licence est destinée à fournir le moyen le plus complet pour contribuer au domaine public quelque soit le pays concerné.

Licence CC0 ( fr )

Résumé de la CC0 ( fr )

Licence CC0 ( en )

Résumé de la CC0 ( en )

Faq CC0 ( en )

Option Libre : Du bon usage des licences libres ( fr )

Propostion de traduction de Framasoft

Ce texte est sous licence CC-By-SA et est inspiré fortement de ce texte http://fr.issuepedia.org/index.php?title=Licence_CC0&printable=yes

mardi 10 janvier 2012

Option Libre : du bon usage des licences libres... Lancement le 30 janvier à la Cantine par Benjamin Jean, avec des acteurs de la création et l'innovation.

C’est avec grand plaisir, et grâce à l’aide de l’équipe de la Cantine de Silicon Sentier, que j’organise le 30 Janvier 2012 (de 18h45 à 21h30) le lancement du livre Option Libre. Ce sera également l’occasion de donner la parole à un certain nombre d’acteurs, professionnels ou communautaires, qui contribuent tous à cette cause commune : Alexis Kauffmann, Michel Vivant, Adrienne Alix, Patrice Bertrand, Sophie Gautier, Florent Latrive, Gael Musquet et Joseph Paris[1].

Le projet étant participatif et contributif, n’hésitez pas à venir écouter et contribuer aux échanges qui se tiendront à la Cantine (151 rue Montmartre, Passage des Panoramas 12 Galerie Montmartre, 75002 Paris).

Notes

[1] La liste n’est pas exhaustive et il manque beaucoup de noms, par faute de temps, mais nous travaillons déjà sur de nouveaux projets auxquels nous ne manquerons pas de les associer.

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vendredi 16 décembre 2011

En exclusivité : le PDF du livre (libre) « Option Libre. Du bon usage des licences libres » enfin disponible au sein de la collection Framabook

Edit : parce que ce livre se veut être ouvert et collaboratif, une version commentable vient d’être déposée sur l’excellent outil co-ment de Sopinspace : page dédiée

Écrire un livre est un exercice particulier qui procure autant de joie que de souffrance – l’analogie avec l’accouchement n’est, à cet égard, pas dénuée de sens. Cela dit et quel que soit le chemin, on en ressort enrichi (je ne parle que de l’aspect intellectuel…), séduit par l’exercice (généralement avec le regret de n’avoir pu « faire plus encore ») et prêt à se lancer dans de nouveaux projets.

Ainsi, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’étais beaucoup moins présent ces derniers mois, l’engagement que j’avais pris au lancement de la collection Framabook de rédiger « un livre sur les licences libres » est enfin tenu (ce nouvel opus étant le 11e ouvrage de la collection). Ce livre (pas moins de 307 pages !) intitulé « Option Libre » est dédié aux licences libres, dans toutes leurs applications (logicielles, créations, art, données, hardware, cloud, etc.), mais aussi l’écosystème sur lequel elles se basent (l’équilibre intrinsèque aux différents droits de propriété intellectuelle, sans oublier les contestations et alternatives qui se développent dans cette sphère depuis quelques années). Tout en conservant l’objectif initial de vulgarisation, j’ai essayé de partager la compréhension du phénomène acquise de mes expériences professionnelles ou communautaires, mais aussi de l’activité de recherche que je continue à mener de front.Option_libre_premiere_couv_licence_CCby-228x300.jpg

Un ouvrage évolutif… La matière est si mouvante qu’il me serait déjà possible de revoir ma copie à certains égards, mais j’ai essayé de partager l’ensemble de mes réflexions dans le but de créer un terrain de discussion commun qui soit constructif et favorable aux échanges. Bien entendu, le système du Libre se caractérisant par une grande flexibilité, une mouvance constante et des chantiers de consolidation, j’essaierai de mettre à jour régulièrement ces quelques pages afin qu’elles continuent à décrire ces nouvelles façons de créer, de partager et d’innover.

Un ouvrage participatif… Enfin, l’ouvrage lui-même est bien sûr sous licence libre (en fait une triple licence LAL 1.3, GNU FDL et Creative Commons By-Sa). Ainsi, n’hésitez pas à télécharger et à diffuser la version PDF qui est dès à présent disponible sur le site de Framabook, ni même à me remonter toutes les remarques critiques que vous souhaiteriez partager. De nombreux amis et collègues ont déjà enrichi mon travail et je suis preneur de toute contribution (quelle que soit sa forme : question, requête, etc.) susceptible d’enrichir l’existant (vous pouvez même utiliser l’adresse mail framabook@optionlibre.fr pour tout ce qui concerne directement l’ouvrage). À ce sujet, je serai (probablement samedi, mais avec certitude) dimanche prochain au Lavoir Moderne parisien où se déroule l’événement Arts Festival : j’offre un verre à ceux ou celles qui auront déjà des retours sur l’ouvrage :-)

Un ouvrage numérique et papier. Comme tous les ouvrages de la collection, il sera disponible sous de multiples formes (les versions numériques étant libres et gratuites). La version papier (aussi sous licence libre) sera disponible à partir du 23 décembre sur le site EnVenteLibre.org et la moitié des droits d’auteur touchés sur cette dernière sera redistribuée à l’association Veni, Vidi, Libri. Last, but not least, le livre sera « officiellement » présenté fin janvier à la Cantine lors d’une journée qui permettra d’échanger plus largement sur les différentes problématiques (Logiciel Libre et Open Source, Open Data, Open Hardware, etc.) qui sont évoquées dans l’ouvrage.

La suite de ce billet reprend le texte publié sur le site de Framabook. J’en profite pour remercier une nouvelle fois tous mes collègues et ami(e)s dont le regard fut souvent salvateur, toute l’équipe de Framabook (particulièrement Christophe Masutti pour toute son énergie), Chloé Girard de l’association Les Complexes pour son aide de qualité ainsi que l’équipe de la Poule ou l’Œuf qui nous a fourni l’outil nécessaire à tout le travail d’édition prépublication. Un dernier mot pour reprendre ce qui est maintenant le « slogan » de Framasoft : « la route est longue, mais la voie est libre. »

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jeudi 10 novembre 2011

Intervention le 11 novembre lors de l'Ubuntu Party « comment les licences libres sécurisent et accompagnent l'expansion du Libre dans le logiciel et au-delà »

Un rapide message pour annoncer mon intervention lors de l’Ubuntu parisienne demain (vendredi 11 nov. 2011) de 15 h à 16 h avec comme titre : « Comment les licences libres sécurisent et accompagnent l’expansion du Libre dans le logiciel et au-delà ? ».

Comme chaque année, ce sera au Carrefour numérique (niveau inférieur) de la Cité des science et de l’industrie (30 Avenue Corentin Cariou - 75019 Paris).

Au plaisir d’y retrouver les habitués !

Voir le programme complet.

mercredi 2 novembre 2011

Le logiciel libre peut il échapper au code des marchés publics ?

(ajout : Marco Ciurcina évoquera notamment cette décision lors de son intervention aujourd’hui à 4e Edition d’EOLE à Barcelone. — je viens par ailleurs de modifier mon billet pour y intégrer nos échanges, merci Marco :-))

Je prends enfin le temps de partager mes réflexions quant à la décision rendue le 30 septembre 2011 par le Conseil d’État. L’April a très promptement diffusé cette nouvelle qui a déjà été entendue en France et en Europe (deux collègues, Patrice-Emmanuel Schmitz d’OSOR et Ciurcina (avocat italien très impliqué dans l’association italienne du logiciel libre) s’en étant déjà fait échos dans leurs sphères respectives).

La décision finale me semble tout à fait opportune, mais elle me laisse un goût d’inachevé qui m’empêche de l’élever au même statut que l’expérience italienne de la région du Piémont[1].

Ainsi, et même si je précise dès à présent que je me réjouis de la décision du Conseil d’État, je tiens néanmoins à formuler quelques critiques/commentaires qui ont pour intention d’éviter tout détournement.

Notes

[1] Pour rappel : en 2009, le Conseil régional italien du Piémont a adopté une loi disposant que : « la Région, dans le processus de sélection des programmes d’ordinateur qu’elle acquiert, préfère les Logiciels Libres et les programmes dont le code source peut être inspecté par les licenciés ». Alors que ce choix était accueilli avec enthousiasme par les partisans du logiciel libre et par la société civile, la Présidence du Conseil italien a contesté cette loi en saisissant la Cour constitutionnelle afin de déclarer ce texte illégal. Par une décision du 23 mars 2010, la Cour a jugé que la préférence envers le Logiciel Libre est légitime et conforme au principe de la liberté de la concurrence. La Cour précisant que « le concept du Logiciel Libre et des logiciels dont le code source est ouvert ne se réfère pas à une technologie particulière, marque ou produit, mais exprime une caractéristique juridique ».

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mardi 27 septembre 2011

« Les logiciels libres en entreprise et dans le monde universitaire » : La quatrième édition de la conférence « European Open Source and Free Software Law Event » (EOLE) aura lieu à Barcelone, le 04 novembre 2011

Bonjour,

Comme tous les ans, la conférence EOLE se tiendra dans un nouveau pays et abordera avec un regard neuf les aspects juridiques attachés à l’Open Source/au Logiciel Libre.

Ci-dessous le CP français, les versions anglaise, espagnole et italienne étant dans le corps du billet.

À très vite !

Barcelone, 21 Septembre 2011,



La quatrième édition de la conférence « European Open Source and Free Software Law Event » (EOLE) 1 aura lieu à Barcelone, le 04 novembre 2011.



Ayant pour thème « les logiciels libres en entreprise et dans le monde universitaire», EOLE réunira à Barcelone divers experts pour présenter et commenter les aspects légaux des logiciels libres et open source (« Free and Open Source Software» ou FOSS) en entreprises et au sein des universités.



La conférence est organisée par un groupe de juristes de différents pays d’Europe.



Le sujet choisi pour la conférence de Barcelone, qui donne suite à celles de Paris (2008), Bruxelles (2009) et Turin (2010), touche à différentes questions complexes issues de l’usage et du développement de logiciels libres en entreprise et à l’université – licences, garanties, transferts de technologies, standards ouverts – qui seront abordés dans le cadre des interventions de juristes et ingénieurs, experts en la matière et provenant de toute l’Europe et des États Unis.



Le programme de la journée, disponible ici 2, s’adresse aux avocats, universitaires, responsables R&D, entreprises et particuliers intéressés par le thème du logiciel libre.



Cette année, c’est l’« Universitat Oberta de Catalunya 3 qui sera l’hôte d’EOLE 2011, et nous compterons parmi nos sponsors locaux le CENATIC (le Centre National de Référence d’Application des Technologies de l’Information et de la Communication basées sur l’open source) 4, ainsi que l’Association Catalane des entreprises du logiciel libre, CatPL 5.



La participation à la conférence est libre et gratuite, mais une inscription préalable via cette page 6 est requise.


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dimanche 18 septembre 2011

Remise du prix du logiciel libre par ses utilisateurs : User Awards 2011 dans le cadre de l'Open World Forum le samedi 24 septembre

Samedi 24 septembre prochain, Alexis Kauffmann, fondateur et président de Framasoft.net, sera présent à l’Open World Forum 2011 pour remettre le nouveau prix « User Awards ».

Celui-ci récompensera le logiciel libre ayant reçu le plus de votes au cours de ces derniers jours (par les internautes et visiteurs) : votez vous aussi !.

Alexis sera par ailleurs présent durant toute la journée sur les espaces démonstrations mis en place par l’organisation de l’OWF. N’hésitez donc pas à faire un saut à l’Eurosites George V‎ (28 Avenue George V 75008 Paris).

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mercredi 29 juin 2011

Publication du programme complet du thème juridique des RMLL (les 12 et 13 juillet 2011)

« Regards juridiques sur le logiciel libre et ses déclinaisons : bilan et perspectives »

Véritable transposition juridique des libertés invoquées par la Free Software Foundation, la rédaction de la GNU General Public License a ouvert la voie à un mouvement plus large dont on ne mesure pas, aujourd’hui encore, toute l’ampleur. Un système nouveau, intimement lié à l’évolution des usages induits par le numérique s’est ainsi construit sur la base des principes de liberté, de collaboration et d’innovation. Sans s’opposer frontalement au monde qui le précède, « le monde du libre » s’en distingue par ses acteurs, ses outils, ses usages et par la philosophie qu’il véhicule.

S’agissant des acteurs, le rôle des communautés et des fondations n’a jamais été aussi important. La FSF, actrice précurseure, a toujours assuré sa mission de sensibilisation et de diffusion, tandis que d’autres organisations venaient renforcer, compléter ou étendre son action auprès de publics et/ou secteurs plus précis. Le rôle de ces organisations, qu’elle que soit leur envergure (nationale, régionale ou internationale) est fondamental, tout comme celui des communautés — insaisissables — d’utilisateurs ou de contributeurs et qui déterminent le succès d’un projet.

En terme d’outils ensuite, la multiplication des premiers instruments — licences libres, Copyright Assignment, policy diverses, etc. — a entraîné une politique de rationalisation qui n’a pas été sans effet quant à leur diffusion et leur usage dans de nouveaux secteurs (art, données, etc.) ou pour de nouvelles pratiques.

En terme d’usages enfin, on s’aperçoit que s’ils ne cessent d’évoluer, fonctions des motivations — souvent plurales — des différents acteurs, une certaine convergence semble pourtant s’opérer au fil des années. Distinctivité, stabilité et peut-être homogénéité, la protection du système semble acquise…

Cette conférence sera ainsi l’occasion de rassembler et d’exposer les regards de juristes sur ce phénomène en pleine émancipation. Elle aura pour double objectif (i) d’analyser le cadre juridique tel qu’il s’est construit (en prenant en compte l’évolution des licences et des pratiques) et (ii) d’organiser un débat prospectif sur les chantiers et enjeux de demain. Le futur sera-t-il plus ou moins libre ?

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jeudi 23 juin 2011

Déclaration sur l'Open Data en France (OKFN, Regards Citoyens, CC-Fr et VVL)

Un rapide billet pour mentionner la publication d’une déclaration commune à laquelle nous invitons toutes personnes (physique ou morale) à nous rejoindre !

Conformément aux objectifs de la plupart des acteurs engagés dans le développement d’une politique d’accès libre aux données publiques, nous encourageons les administrations publiques, les collectivités territoriales, les EPCI, les EPIC, les EPST et les syndicats mixtes à adopter les recommandations suivantes qui représentent les conditions minimales pour caractériser une véritable ouverture des données publiques telle que définie et reconnue internationalement par l’ensemble des acteurs de l’Open Data, notamment l’Open Knowledge Foundation au Royaume-Uni ou la Sunlight Foundation aux États-Unis.

Liens :

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mardi 21 juin 2011

Ouverture des données publiques : les enjeux relatifs au choix de la licence

Politiquement très vendeur, l’ouverture des données publiques (informations publiques devrait-on dire) est un phénomène qui a très vite gagné en importance en France (voir deux billets traitants déjà du sujet[1]) et au-delà (voir par exemple ce récapitulatif tenu à jour par Claire de LiberTIC ainsi que l’excellente veille publiée par « Regards Citoyens »). La mission Etalab lancée par François Fillon le 26 mai dernier en est la consécration (tardive ?) à l’échelle nationale, s’ajoutant aux textes législatifs déjà en vigueur — et notamment les Lois de 1978 « portant diverses mesures d’amélioration des relations entre l’administration et le public et diverses dispositions d’ordre administratif, social et fiscal » et l’ordannance de 2005 « relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques  ».

En quelques mots – mais cela a déjà été abondamment traité –, il s’agit d’une application des concepts formalisés par lOpen Knowledge Foundation (OKF) au Royaume-Uni et la Sunlight Foundation aux États-Unis : un accès libre et gratuit aux données publiques ; sous une licence gratuite qui permette la libre reproduction, redistribution, modification, et la libre ré-utilisation (y compris à des fins commerciales) des données. On y trouve en premier lieu les SIG (), mais pas seulement et des initiatives telles Data-Publica ou Regards Citoyens regroupent bien d’autres données publiques (souvent statistiques). Voir aussi la « déclaration commune sur l’Open Data en France ».

De nombreuses motivations peuvent justifier cette conduite :

  • l’exigence démocratique de transparence de l’État (le Conseil d’État ayant même fait de ce droit d’accès au document administratif une garantie fondamentale accordée au citoyen) ;
  • la transformation de notre société en une société de la connaissance et de l’information – et l’incitation corollaire au développement d’activités commerciales fondées sur l’information (voir le livre vert de la commission européenne) ;
  • ou le succès généralisé de l’Open Innovation (la capacité à bénéficier de la créativité, de l’intelligence et des contributions externes – on parle aussi d’ «  Open Source au-delà du logiciel »), voire de crowdsourcing (probablement la forme la plus ouverte de l’OI).

La politique d’« ouverture » des données ne repose que partiellement sur des enjeux juridiques et qu’il est ainsi nécessaire de veiller (la liste n’est pas exhaustive) : à se donner les moyens de la mise à disposition (notamment par la mise en place d’APIs) ; à l’utilisation de formats ouverts ; à l’animation de la communauté d’usagers des bases de données (utilisateurs lambda, utilisateurs contributeurs et éditeurs de services sur la base de ces bases de données). En effet, des bases de données stockées en marge d’un site, difficilement accessibles, peu documentées, enfermées dans des formats propriétaires, etc. seront trop difficiles à appréhender pour entraîner un mouvement vertueux (on court ainsi le risque alors de perdre de potentielle valorisation financière de ces bases sans pour autant en tirer de vrais profits).

Ces réflexions traiteront essentiellement du volet juridique, qui peut sembler assez complexe pour qui connaît peu les licences libres ou les subtilités du droit public, mais qui est en réalité relativement clair et classique. En effet, une fois les éléments qui précèdent posés, persiste la question relative à la licence devant être utilisée pour la diffusion des données. Et là, on lit malheureusement tout et son contraire. Ayant personnellement été amené ces derniers temps à me prononcer plusieurs fois sur le sujet (et au moins trois fois en faveur de l’usage de l’Open Database License (ODbL) rédigée par l’OKF), il s’agit ici de reprendre un peu de hauteur en rappelant le cadre juridique relatif à une telle diffusion, les enjeux relatifs à leur choix[2], les licences existantes et terminer par quelques préconisations.

Notes

[1] Sur « Une compatibilité possible entre informations publiques et licences libres ? » et « Open Data et licences libres : analyse juridique de la démarche de la ville de Paris et fiche de lecture de la licence ODbL ».

[2] <encart publicitaire> En se servant notamment partiellement de l’ouvrage « Option Libre » bientôt publié dans la collection Framabook.</encart>.

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