VVL :: Le Blog sur les Licences Libres, Open Source, et leur diffusion

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 8 mai 2010

Une compatibilité possible entre informations publiques et licences libres ?

Récemment, la question de l’accès au document public et de la réutilisation des données publiques a fait grand bruit sur Internet. Le Ministère de la Justice ayant même publié une licence « IP » spécialement dédiée à la libre réutilisation des informations publiques – de nombreux journalistes et blogueurs se sont penchés sur le sujet (impossible de ne pas citer à cet égard l’excellent article de Calimaq[1]), j’ai eu envie d’apporter ma pierre à l’édifice.

Rendant cohérent le célèbre (mais contesté) adage « Nul n’est censé ignorer la Loi », la France s’est dotée en 1978 d’une Loi « portant diverses mesures d’amélioration des relations entre l’administration et le public et diverses dispositions d’ordre administratif, social et fiscal » : donnant le jour à une série de dispositifs destinés à assurer aux citoyens l’accès aux documents administratifs (en provenance d’établissements publics administratifs, ou privés avec mission de service public) – le tout renforcé par la création de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs.

Une fois cet accès garanti – et par ce fait l’accès aux informations contenues –, il ne restait qu’un pas à faire pour aborder les enjeux liés à la réutilisation de celles-ci : ce que fit[2] l’ordonnance[3] « relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publique», transposant ainsi en droit français la directive communautaire du 17 novembre 2003 « sur la réutilisation des données du secteur public ». Cependant, plutôt que de renoncer à tout droit sur ces informations/données[4], le choix fut de laisser aux établissements publics le contrôle sur leur production tout en leur imposant un certain nombre de contraintes limitant leur marge de manoeuvre. Pour résumer, la Loi actuelle comporte 64 articles qui ont pour finalité :

  • d’une part de donner aux citoyens l’accès aux documents administratifs (Chapitre I)
  • et d’autre part de permettre la réutilisation des données publiques qui y figurent (Chapitre II).

Équation complexe, la valorisation de ces informations publiques est sujette à de maintes controverses[5] (aux enjeux financiers conséquents…) :

  • premièrement, il est difficile de faire payer une seconde fois aux citoyens ce qui a été financé par les impôts ;
  • deuxièmement, il est nécessaire de s’assurer d’une neutralité – qu’un seul intérêt privé ne profite pas de façon exclusive de ces investissements[6] ;
  • et troisièmement, il est légitime de penser que toute valorisation au profit d’une administration permettrait à cette dernière de réinvestir les recettes au travers de nouveaux services…

Réfléchissant à la valorisation de ces informations/données, il n’est pas étonnant que le secteur public se soit intéressé aux licences libres – si en vogues dans le secteur privé (d’autant plus que la logique de « pot commun » – qui caractérise le système du Libre – correspond aux intérêts des établissements publics puisque la source de financement est –en bout de chaîne– le contribuable[7]. Néanmoins, notamment en raison des contraintes mises en place par la Loi de 1978, le cadre légal n’est pas tout à fait similaire et il est légitime de se demander si les licences libres peuvent être utilisées par les établissements publics (ou privés ayant une mission de service public) ou s’il est nécessaire de créer de nouvelles licences (comme le fit le Ministère de la Justice avec la licence IP). Plus pragmatique, la licence IP se fondant sur le statut particulier de l’objet qui est le sien (les informations publiques), il convient de s’attarder sur ce dernier pour comprendre dans quelle mesure une telle licence est nécessaire et compatible avec les licences libres actuelles.

Ci-après les quelques éléments qui me font penser d’une part que le droit d’auteur et les licences libres ont une place importante dans ce processus de publication, et d’autre part que les informations publiques recouvrent une réalité plus vaste.

Notes

[1] Sur son blog (<http://scinfolex.wordpress.com/>)

[2] Sur un champ néanmoins plus réduit puisque certains documents sont expressément exclus de cette réutilisation : les documents protégés par le droit de propriété intellectuelle d’un tiers, ceux relatifs à un service public industriel et commercial, et ceux provenant d’établissements et institutions d’enseignement et de recherche ou d’organismes ou services culturels.

[3] N° 2005-650 du 6 juin 2005 complétant la loi n°78-753

[4] À l’instar des États-Unis où l’ensemble des investissements publiques est versé au domaine public afin de contribuer à un « pot commun » qui bénéficie tant aux industries qu’aux autres entités publiques.

[5] Qui s’expliquent notamment par l’origine de ces financements.

[6] C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle il n’est pas possible pour un établissement administratif de conclure une exclusivité : art. 14 La réutilisation d’informations publiques ne peut faire l’objet d’un droit d’exclusivité accordé à un tiers, sauf si un tel droit est nécessaire à l’exercice d’une mission de service public.

[7] C’est aussi ce qui explique le succès de regroupements de collectivités comme l’ADULLACT.

Lire la suite...

jeudi 6 mai 2010

Comment valoriser les contenus sur Internet ? Mercredi 5 mai 2010 au CNIT

J’intervenais hier[1] sur la thématique « Comment valoriser les contenus sur Internet ? ». La table ronde fut des plus intéressantes et je vous livre ci-après les quelques réflexions que j’ai pu développer — ainsi que le programme d’une conférence juridique (passionnante) à venir sur “LE LIVRE A L’ÈRE NUMÉRIQUE”.

Notes

[1] De 17h 15 à 18h30, sur CNIT - La défense, sur le salon Comunication Over IP

Lire la suite...

samedi 1 mai 2010

« L’art libre, renouveau de l’art » -- conférence organisée à Sciences Po Paris le vendredi 7 mai 2010

Un rapide message pour mettre en lumière une conférence sur l’art libre organisée au sein de Sciences Po vendredi prochain (7 mai 2010).

Intitulée « l’art libre, renouveau de l’art », cette conférence fait partie des projets imaginés et réalisés par les étudiants de Sciences Po dans le cadre de leur cursus. Il s’agit d’attirer le regard sur ce que l’on appelle l’« Art Libre » — tout spécialement auprès d’éventuels mécènes…

Lire la suite...

mardi 27 avril 2010

Carte heuristique - Cartographie des différents droits de Propriété intellectuelle

Enfin ! Après avoir récupéré une partie du retard et de la fatigue accumulés ces derniers mois, je vais essayer de rendre accessibles les multiples travaux/présentations qui ont parsemé cette période très dense.

Voici donc pour commencer l’ébauche d’une carte heuristique que j’avais esquissée à l’occasion d’un cours de propriété intellectuelle – en guise de récapitulatif et d’aide mémoire pour les étudiants. Le tout n’est bien entendu pas exhaustif et les sources sont accessibles – le tout sous GNU GPL v2 et Licence Art Libre 1.3.

Inutile de rappeler que les droits de propriété intellectuelle sont les outils mis en œuvre par les licences pour construire leur système collaboratif. Ainsi, la connaissance de ces bases est aussi importante que la connaissance des licences.

Lire la suite...

jeudi 4 février 2010

Intervention lors de table ronde Securiser le cycle de l open source organisee par le groupe securite surete de Telecom ParisTech alumni le mardi 16 fevrier

De nouveau un message éclaire pour informer d’une soirée à laquelle je participerai le 16 février prochain sur le thème « Comment évaluer les licences libres ? ». C’est mardi 16 février 2010, de 19h à 21h à Télécom ParisTech, et interviendront aussi Alexandre ZAPOLSKY, Gérard LADIER, Jean-Marc GOETZ, Pascal CHOUR, Denis ODDOUX, Bruno POIRIER-COUTANSAIS.

L’entrée est libre, mais les inscriptions nécessaires à cette adresse.

Lire la suite...

« Comment allier réservation de propriété intellectuelle et projet open source ? » lors de session « GOUVERNANCE DES PROJETS OPEN SOURCE EN ENTREPRISE » du salon Solutions Linux 2010 mardi 16 mars

L’année avance et les traditionnels événements de l’Open Source vont se succéder, en commençant par le très fréquenté salon « Solutions Linux ».

J’y interviens cette année encore, sur une problématique qui m’est chère (Comment allier réservation de propriété intellectuelle et projet open source ?), au sein d’une session qui me semble majeure ou tout du moins très actuelle (jusqu’à une meilleure assimilation de ces pratiques), aux côtés d’intervenants que j’apprécie et estime. Un vrai délice.

Si j’y parviens, je vais essayer de préparer ma présentation suffisamment en avance, pour pouvoir échanger sur cette dernière et permettre de confronter mes idées à celles des autres.

Ci-après les descriptions de mon intervention et de la session.

Lire la suite...

mercredi 3 février 2010

Valoriser la recherche et les productions scientifiques par l usage des licences libres...journée d etude du 19 mars 2010 organisee par l UMS

« Valoriser la recherche et les productions scientifiques par l’usage des licences libres »…

C’est le titre de l’intervention qui sera la mienne lors de la journée d’étude du 19 mars 2010 organisée par l’UMS[1] MI2S sur le thème « Libre accès, communication scientifique directe - cadres juridiques ». J’y interviens avec d’autant plus de plaisir que je connais très bien trois des autres intervenants.

Ayant passé quelque temps au sein du service partenariat et valorisation du CNRS, et travaillant régulièrement avec d’autres centres de recherches, je dirais que j’ai plus que de vagues notions sur le sujet, mais celui-ci reste néanmoins vaste et je suis preneur de tou(te)s références/liens/idées qui pourraient m’être conseillés. Il est clair que l’angle juridico-contractuel, s’il est important, ne représente qu’un des aspects du processus de valorisation et je vais donc essayer de rapidement dresser une esquisse des multiples compétences nécessaires à la réussite d’un projet Open Source (en s’intéressant notamment aux avantages financiers, techniques et stratégiques que peut apporter l’Open Source).

Le projet Plume dirigé par Jean-Luc Archimbaud est bien entendu l’une des meilleures références francophones sur le sujet, mais je continue à penser que la France reste encore à la traîne dans le domaine (les chercheurs étant peu intéressés par ces problématiques – vécues comme des contraintes – et les services de valorisation trop craintifs – mais la donne change) : ce sera l’occasion de faire un point sur la situation actuelle, les pratiques existantes à l’extérieur, et un examen pratique des usages qu’il serait possible de mettre en place dans nos centres de recherches. Le public cible semblant réunir tous les éléments nécessaires, souhaitons que le cocktail de la journée permet d’exploser les cloisonnements traditionnels !

Par ailleurs, chemin allant et m’étant intéressé au contenu du site du projet plume, je m’aperçois que quelques articles traitent, assez justement et avec une vision recherche qu’il nous manque probablement (et même si l’intérêt reste à relativiser à l’échelle du développement : les processus qui se mettent en place dans les grands centres de recherche – l’INRIA le premier – n’ont rien à envier à leurs homologues du secteur privé) de problématiques communes à celles de VVL. À y songer, je pense que leur intérêt est même supérieur à bon nombre d’entreprises, au regard du large patrimoine d’œuvres grises qui est le leur. Je vais essayer de profiter de mes recherches sur le sujet pour leur faire mes retours sur le sujet et proposer la mise en place d’une passerelle entre les deux sites, mon sentiment étant que personne ne gagne à recréer ce qui existe déjà.

Notes

[1] #Unité mixte de service — entité administrative dans le domaine de la recherche.

Lire la suite...

dimanche 17 janvier 2010

Publication des slides images et enregistrements de l'édition 2009 de l'European OpenSource & Free Software Law Event

Un mois s’est déjà écoulé depuis la dernière édition de l’European Opensource & Free Software Law Event (EOLE pour les connaisseurs ou les faignants) et je ne suis pas encore certain d’avoir entièrement récupéré l’énergie dépensée pour l’organisation de cet événement au sein du Parlement Européen.

Néanmoins, je suis soulagé d’avoir terminé la mise en ligne du contenu issu de cette journée : les diaporamas, les enregistrements (toujours en anglais et pour certain aussi en français) et les photographies ! Je n’arrête d’apprendre en poussant le drupal de notre site et je commence à être assez content, fonctionnellement des réponses qu’il apporte à nos besoins.

Les détails ci-dessous.

Lire la suite...

Compte-rendu des rencontres d'Autrans

De retour des Recontres d’Autrans – j’y étais au côté de Valetin Lacambre[1] avec pour objectif premier de parler de la SARD et de présenter nos réflexions –, je vous livre ces quelques notes sur mes impressions et remarques à l’égard de ces quelques jours qui ont réuni plusieurs centaines de personnes à Autrans, sous des centimètres et des centimètres de neige.

Notes

[1] Au passage, félicitation à ce dernier qui a obtenu l’Étoile d’or catégorie « économie » de l’événement.

Lire la suite...

mercredi 13 janvier 2010

Rencontres d'Autrans 2010 et échanges sur la SARD

Je serai à partir de ce soir aux rencontres d’Autrans, manifestation annuelle qui réunit de nombreux acteurs d’internet, afin de présenter la SARD aux côtés de Valentin Lacambre et de réfléchir à des actions communes avec les autres participants à ces trois journées.

En quelques paragraphes, une présentation rapide des rencontres d’Autrans et des discussions qui auront lieu sur la SARD.

Lire la suite...

- page 2 de 13 -