VVL :: Le Blog sur les Licences Libres, Open Source, et leur diffusion

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lundi 17 septembre 2012

Partageons le patrimoine français : pour une ouverture des données et des contenus culturels

Qui ne s’est jamais étonné devant la faible présence de la culture française, voire européenne, sur Internet ?

Comment se fait-ce que les plus belles œuvres françaises ne soient disponibles sur le web qu’à l’échelle d’un timbre-poste ou grâce aux photographies-souvenirs-captéesvolees-par-le-téléphone-d’un-touriste-en-visite ?

Pourquoi voit-on si rarement les photos de l’ESA (European Space Agency) alors que nous sommes inondés de celles de la NASA (aujourd’hui même disponible sur applications mobiles) ?

Le décalage est d’autant plus fort que les communautés françaises sont pourtant très présentes et actives au sein de principaux projets communautaires : tels Wikipedia (près d’un million trois cent mille articles français au moment où j’écris ces lignes), OpenStreet Map (plus de dix mille contributeurs pour le seul chapitre français) ou encore Tela-Botanica (projet botanique Montpelliérain comptant aujourd’hui plus de dix mille adhérents répartis dans 85 pays).

La participation des individus est donc incontestable, alors que celle des institutions semble beaucoup plus limitée. Pourquoi ? Cela peut sembler d’autant plus paradoxal en cette période où l’Open Data est sur toutes les lèvres des femmes et des hommes politiques associés à des mots comme transparence, société de la connaissance, innovation ouverte, etc. (voir par exemple la prochaine conférence « Open Data La Conférence »).

En vérité, il n’y a pas tant de surprises, car on s’aperçoit rétrospectivement que – même si l’Open Data n’a jamais été véritablement défini (j’y associe personnellement tant les initiatives communautaires, privée que publiques) – les données culturelles prises dans un sens large, c’est-à-dire le patrimoine culturel français et les données afférentes, n’ont pas été concernées par cette vague de l’Open Data jusqu’à aujourd’hui en France. Sûrement grâce à cette exception culturelle dont nous sommes si fiers et qui connaît différentes applications (voir par exemple l’article de Wikipedia ainsi que la facette traitée dans le rapport).

Pour ce billet, j’ai pris le temps de relire le rapport de 2011 « Culture et Médias 2030, Prospective de politiques culturelles[1] ». Il précise ainsi que

« (l)e rayonnement de la culture française dans le monde, la diplomatie culturelle française, la place de la langue française, la constitution de champions industriels des médias…constituent autant d’expressions d’une même préoccupation politique et d’une position assez singulière de la représentation de la culture française et de sa langue dans le monde » (Annexe « Culture française et mondialisation »).

L’industrie est donc très présente dans ce rayonnement culturel (ce qu’on retrouve plus loin lorsqu’est déclaré que « l’un des outils majeurs de promotion de la culture française, qui permet de mesurer son influence, réside dans les échanges de biens et services culturels »), ainsi que la politique : « la politique culturelle extérieure est le fruit d’une logique diplomatique qui régit les biens culturels et linguistiques et d’une politique de hiérarchisation des crédits ; les deux réunies ont conduit à des priorités, pratiquement guère changées, et qui ne prennent pas toujours en compte la structuration du réseau culturel international » (p107).

Ainsi, notre patrimoine français que composent toutes ces œuvres artistiques et culturelles ne joue qu’un rôle réduit dans le cadre de notre politique culturel, du « rayonnement culturel de la culture française », étant utilisé au grès des politiques publiques de leur détenteur (le rapport évoquant p. 113 à cet égard le « jeu international des institutions culturelles et des collectivités locales » par lequel,

« Traditionnellement, un petit nombre d’établissements publics culturels jouent un rôle sur la scène internationale, notamment en termes d’images, de coopération scientifique, technique et culturelle. »

Lorsque fut introduite la notion d’Open Data au sein de l’administration, je me rappelle des longs entretiens et échanges qui avaient, in fine, conduit à la rédaction de la Licence Ouverte. La question de la propriété intellectuelle relative aux œuvres classiques était implicitement admise, ancrée dans les esprits, alors que le concept d’un droit sur les données (entendre bases de données) étonnait (certains considérant que l’État n’avait pas « pas de raison » à avoir une telle propriété). Mais pour les « œuvres » détenues par l’État ou toute personne publique (qu’elles soient dans le domaine public, qu’elles aient été acquises (notamment en l’absence d’héritier) ou données), on se retrouve face à une conception très forte de la propriété qui est inexorablement associée à la valorisation économique.

Dans les deux cas (bases de données ou créations artistiques), un tel raisonnement est très limité et dommageable. Certes, notre système reconnaît une une propriété aux personnes publiques (ce qui n’est pas automatique dans tous les pays – par ex. tout ce qui est produit par l‘état fédéral aux États-Unis est de facto dans le domaine public), mais elle ne constitue pas une fin en soit et c’est l’usage qui en est fait qui importe : la propriété « absolue » qui permet de valoriser économiquement une chose en excluant les autres n’est qu’un mode de propriété qui ne doit pas occulter les autres usages (telle une plus large diffusion) possibles. Par ailleurs, l’existence de droits emporte certaines responsabilités, et il serait temps qu’une véritable politique publique soit associée à la gestion de ce patrimoine immatérielle au regard d’une mission de diffusion et de partage. La propriété intellectuelle n’est donc pas un obstacle, mais au contraire une véritable force à la disposition de toute politique publique désireuse d’atteindre des objectifs non plus seulement économiques, mais aussi éthiques, sociaux et culturels. Il n’y a ensuite plus qu’un pas pour relever aussi l’absence de réelle politique publique en matière d’Open Source (voir par exemple la présentation réalisée à la DILA), face à un gouvernement prêt à investir des centaines de millions dans des développements sans même penser qu’il pourrait assortir un tel financement à la condition de reverser tout en Open Source.

Pour en revenir au sujet de ce billet, c’est donc avec plaisir que j’ai rejoint le groupe de travail Open GLAM (pour Galleries, Libraries, Archives, Museums – Bibliothèques, archives et musées) mis en place en avril 2012 sous l’impulsion de Wikimedia France et de l’Open Knowledge Foundation, « think tank » informel réunissant juristes, professionnels des institutions culturelles et membres d’associations œuvrant pour la diffusion des contenus et données culturels.

Souhaitant contribuer au mouvement d’ouverture des données et contenus culturels, notre groupe de travail a étudié les enjeux relatifs aux démarches à l’œuvre dans les institutions culturelles françaises et s’est intéressé aux principaux points de blocage freinant cette diffusion. Fruit d’un été de travail, nous sommes aujourd’hui heureux d’annoncer la publication du rapport du groupe de travail « open GLAM » rédigé par Benjamin Jean (inno³, Veni Vidi Libri, Framasoft), Lionel Maurel (BDIC, auteur du blog S.I.Lex), Primavera De Filippi (Open Knowledge Foundation) et Adrienne Charmet-Alix (Wikimédia France). Il représente la conclusion de réflexions préparatoires menées lors des réunions Open Glam des 27 avril et 29 mai 2012 à Paris et prétend apporter des réponses aux principales questions qui nous furent confiées, formulant préconisations et pistes d’évolution à destination de l’administration et du législateur. Il ne prétend pas à l’exhaustivité, mais constituera peut être la première brique d’un patrimoine culturel vraiment ouvert et diffusé. Il est l’occasion de rappeler la nécessité de repositionner la réflexion en termes de finalités, l’importance d’un accompagnement et d’une concertation au sein des institutions culturelles, l’intérêt des licences copyleft (et les bénéfices retirés en termes de concurrence, de diffusion de la culture et d’innovation) face aux actuelles limitations de l’usage commercial (qui ne bénéficient qu’à certains), etc.

Dès à présent soutenu par un certain nombre d’associations proches et mobilisées par ces sujets, ce rapport est dès à présent soutenu par LiberTIC, Creative Commons France, Framasoft, Regards Citoyens et Veni, Vidi, Libri.

Notes

[1] Culture française et mondialisation Département des Études de la Prospective et des Statistiques (DEPS), Culture et Médias 2030, Prospective de politiques culturelles, 2011, La Documentation française, http://www.culturemedias2030.culture.gouv.fr .

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dimanche 12 février 2012

La liberté en pack ! April, Framasoft et La Quadrature du Net font cause commune.

Même s’il semblait improbable que l’information ne vous soit pas encore parvenue, un rapide billet pour « titiller » ceux que la curiosité n’aurait pas encore gagnés…

À l’initiative des associations April[1], Framasoft[2] et La Quadrature du Net[3], un nouveau « pack Liberté » a été créé pour équiper toute personne soucieuse de conserver ses libertés à l’ère du numérique.

Ces trois associations jouent, dans leur domaine respectif, un rôle essentiel en faveur du logiciel libre, de la culture libre et de la neutralité du net. Cette campagne de dons commune permet de porter l’accent sur les besoins communs de ces structures en termes de financement, mais aussi sur la forte cohésion qui les rapproche, et montre ainsi toute la richesse de l’écosystème associatif[4].

Je vous invite à parcourir le site « flashy » de la campagne, et me contenterai de citer ses slogans :

En achetant un « Pack Liberté », votre Internet sera plus libre, plus propre et bien au sec.

En achetant ce pack, vous soutiendrez du même coup l’April, Framasoft et La Quadrature du Net, trois organisations qui œuvrent pour un Internet propre et des technologies libres qui lavent plus blanc que blanc.

De plus, en achetant le « Pack Liberté », vous sauverez un bébé chat.

Notes

[1] Association pour la promotion est la défense du logiciel Libre.

[2] Réseau de projets collaboratifs à géométrie variable dont le dénominateur commun est le logiciel libre et son état d’esprit. Il vise à diffuser le logiciel libre et à le faire connaître auprès du plus large public.

[3] La Quadrature du Net est une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet.

[4] Ce n’est donc que pour des soucis de lisibilité et d’organisation qu’il n’a été possible de dépasser le nombre de trois associations, mais de nombreuses autres associations auraient été tout autant légitimes à rejoindre la campagne. Je pense, de façon non limitative, à : l’Aful, Libre Accès, la FFII, Wikimedia France, Copyleft Attitude, Musique Libre.

jeudi 23 juin 2011

Déclaration sur l'Open Data en France (OKFN, Regards Citoyens, CC-Fr et VVL)

Un rapide billet pour mentionner la publication d’une déclaration commune à laquelle nous invitons toutes personnes (physique ou morale) à nous rejoindre !

Conformément aux objectifs de la plupart des acteurs engagés dans le développement d’une politique d’accès libre aux données publiques, nous encourageons les administrations publiques, les collectivités territoriales, les EPCI, les EPIC, les EPST et les syndicats mixtes à adopter les recommandations suivantes qui représentent les conditions minimales pour caractériser une véritable ouverture des données publiques telle que définie et reconnue internationalement par l’ensemble des acteurs de l’Open Data, notamment l’Open Knowledge Foundation au Royaume-Uni ou la Sunlight Foundation aux États-Unis.

Liens :

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mardi 17 mai 2011

Publication en français de l'ouvrage « Un monde sans copyright... et sans monopole » de Joost Smiers et Marieke van Schijndel, collection Framabook

C’est avec grand plaisir que je me fais l’écho de la sortie du dernier Framabook « Un monde sans copyright… et sans monopole », dès à présent disponible :

Je reprends le texte du communiqué :

Le droit d’auteur est-il un système archaïque ? Dans cet ouvrage audacieux et polémique, Joost Smiers et Marieke van Schijndel répondent par l’affirmative et élaborent un dossier à charge contre le droit d’auteur et les mécanismes économiques qui en découlent.

En formulant l’hypothèse qu’un monde sans copyright (le droit d’auteur et autre droit de propriété intellectuelle) est possible, les auteurs explorent méthodiquement les secteurs où le protectionnisme et les conglomérats culturels créent une distorsion du marché au détriment des artistes, de la création et de la diversité culturelle. Imaginez un terrain de jeu équitable où les artistes pourraient vivre de leur art et où la créativité et les connaissances pourraient intégrer à nouveau ? le domaine public pour être partagées… librement.

Un monde sans copyright… et sans monopoles (Adieu auteursrecht, vaarwel culturele conglomeraten) est déjà publié en anglais (Imagine There Is No Copyright… And No Cultural Conglomerate Too), espagnol, portugais, chinois, italien, indonésien et néerlandais. La présente traduction en français est issue du projet Framalang.

À lire sans modération ! Quand on y repense, une belle épopée pour un livre qui m’avait été présenté par Joost il y a deux ans lors de l’émission radio réalisée au cours de la première journée Libre Accès (il y a donc deux ans déjà…).

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jeudi 21 avril 2011

Publication de l'intervention de Philippe Aigrain : Quelles fondations pour les droits intellectuels à l'ère de l'information ?

Ayant déjà écrit un billet sur son intervention à Sciences Po, je vais me contenter de publier son article et ses sources.

Le tout étant (c) Ph. Aigrain, licence CC-by-SA (qu’il soit remercié mille fois pour son temps, son implication et son esprit de partage).

Par ailleurs :

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lundi 13 décembre 2010

Création du Centre Juridique Open Source de LINAGORA sous la direction de Benjamin Jean

Être à la pointe des réflexions juridiques dans l’Open Source, une nécessité pour LINAGORA.

Voilà bientôt quatre ans que j’ai rejoint Linagora afin d’y développer les pratiques juridiques et contractuelles relatives à un métier construit sur les Logiciels Libres et Open Source. À l’époque, ces enjeux étaient très périphériques à une activité d’intégration et les rares questions relatives aux licences libres – voire au Copyright Assignment – restaient sans réponse. M’appuyant sur les aides importantes en faveur de la recherche appliquée (mes travaux de thèse rentrant dans un tel cadre), j’ai soutenu la création d’un nouveau poste qui viendrait apporter à la société ces compétences (acquises tant au cours de mes recherches universitaires, que de mon passage en centre de recherche ou – surtout – par le biais des associations Framasoft.net et Veni, Vidi, Libri).

Dépassant très vite les besoins internes de LINAGORA, cette expertise juridique est devenue un élément différenciant majeur permettant de confirmer la leadership de la société sur les problématiques de l’Open Source, de multiplier les partenariats et d’élargir le panel des services proposés. De nouvelles activités de transfert de compétence (consulting, accompagnement et formations) sont ainsi venues répondre aux sollicitations des entreprises qui produisent ou utilisent de tels logiciels libres et Open Source (avec des clients d’origine diverse : industrie du logicielle, opérateur télécom, industrie de l’embarqué, aéronautique, aérospatial, etc.) et du monde de la recherche.

En parallèle, une activité scientifique s’est développée : avec de multiples interventions sur ces enjeux , la participation à de nombreux groupes de travail ainsi que la participation active au travaux de rédaction ou de traduction des principales licences Open Source (notamment les licences GNU GPL, LGPL et Affero GPL, les licences Creative Commons, la licence Art Libre ou encore la licence ODbL destinée aux bases de données).

Ainsi, après EOLE et le Guide Open Source, c’est non sans une pointe de fierté que je vois aboutir un autre projet porté à bout de bras et défendu depuis de long mois : la création du Centre Juridique Open Source de la société (site en construction).

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vendredi 26 novembre 2010

De la nécessité d’accompagner l’usage des licences libres : le prix Goncourt et l'usage d'extraits de Wikipedia sous licences libres

Rue89 titrait hier soir « Houellebecq gratuit sur le Net : Flammarion va attaquer ». L’article faisait référence à la diffusion sous licence Creative Commons By-SA du dernier prix Goncourt, la Carte et le territoire. Ainsi exposé, aucune raison que Flammarion puisse attaquer qui que ce soit pour quoi que ce soit. Mais il y a néanmoins un problème, de taille : la diffusion sous licence libre s’est faite à l’insu de l’auteur (ou de son ayant droit, qui semble ici être Flammarion) !

Superbe message adressé aux utilisateurs de l’encyclopédie en ligne !

Pour replacer le contexte, il faut savoir que ce ramdam est provoqué par la reprise – presque en l’état – de plusieurs articles de Wikipedia au sein de l’ouvrage primé, sans que ne soit cités la source, les auteurs, ni même la licence (ou, plus exactement, les licences) organisant la réutilisation des articles de l’encyclopédie (en l’occurrence la Creative Common CC-By-SA 3.0 et la GNU FDL 1.3). C’est un élément important qu’il convient de garder à l’esprit, quels que soient les autres comportements critiquables.

Se concentrant sur le tumulte communautaire qui s’en était suivi, l’article de Rue89 cite donc l’auteur d’un billet de blog, Florent Gallaire, qui avait publié une argumentation concluant à la nécessité/possibilité de distribuer cette œuvre sous licence libre[1]. Argumentations largement relayées sur le web jusqu’à ce que soit mis à disposition en téléchargement sous CC-By-SA le dernier prix Goncourt – de mémoire le billet de Florent le suggérait[2] !

J’avais pris le soin jusqu’à maintenant de ne pas réagir à un buzz qui, je l’espérais, se serait épuisé de lui-même. Néanmoins, des remous ayant émergé de cette publication « sauvage » sous CC (et ayant été moi-même interviewé et cité hier à ce sujet), je prends le temps d’argumenter un peu plus sur le fond de l’affaire : afin d’exposer rapidement les raisons pour lesquelles je considère 1) que nous sommes ici dans un cas classique de contrefaçon de droit d’auteur et 2) que Florent est allé trop loin dans sa démonstration (ou pas assez).

La responsabilité de l’affaire me semble donc devoir être partagée entre de nombreux acteurs. N’ayant envie d’accuser personne, mais seulement, de fournir quelques éléments objectifs, les quelques éléments qui suivent montrent d’une part que la conséquence de la violation d’une licence n’est pas son application automatique (mais plus généralement sa terminaison automatique) et d’autre part que la licence Creative Commons By-SA permet d’intégrer des articles sous cette licence sans que l’ouvrage entier doive être sous la même licence (étant entendu que l’article et ses modifications doivent, eux, rester sous cette même licence).

Plus généralement, et je suis heureux de lire à cet égard les billets de Lionel (du célèbre S.I.Lex), il me semble plus important d’accompagner l’usage que de se battre contre des maladresses de ce type. Il me semble en effet que c’est une très bonne nouvelle qu’un livre comme la Carte et le territoire fasse des emprunts à Wikipedia – démontrant ainsi, s’il le fallait, la part croissante que revêt le libre dans la culture et l’écriture. Néanmoins il faut naturellement veiller à ce que cet emprunt soit explicite et conforme aux licences.

C’est d’ailleurs sur ce dernier aspect – la pédagogie en quelque sorte – qu’il y a un véritable rôle à jouer : cet usage peu devenir courant et contrôlé si on aide les anciens acteurs à s’ouvrir au système des licences libres ; l’usage peut au contraire disparaître, ou être fortement retardé, si on ne se donne pour mission que de frapper violemment toute maladresse (et alors eux-mêmes seront sans pitié sur nos éventuelles maladresses).

Notes

[1] Ledit billet semble aujourd’hui avoir été raccourci, ce qui est une bonne chose. Je citais a priori le mauvais article : celui-ci reprend les arguments de Florent.

[2] Pour information, l’idée de cette publication, proposée pour le Framablog, avait été radicalement rejetée en interne.

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mardi 5 octobre 2010

Ouverture d'un site dédié au projet collaboratif du Guide Open Source

Le travail mené deux années durant entre le Syntec Informatique et la FniLL est publié depuis le 28 septembre dernier.

Finalement intitulé « Réflexions sur la construction et le pilotage d’un projet Open Source », je vous indiquais que ce guide juridique se voulais être la première version d’un travail collaboratif (plus de vingt membres ont échangé pour la création de l’actuelle version) publié sous double licence libre GNU FDL 1.3 et CC-By-SA 3.0.

Depuis aujourd’hui, le projet devient aujourd’hui encore plus collaboratif et ouvert puisqu’un site a été spécialement mis en place afin :

Il est ICI : http://opensourceguide.info

N’hésitez pas à contribuer et à rejoindre le groupe de travail si vous le souhaitez.

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vendredi 4 juin 2010

Jugement québécois obligeant à envisager le logiciel libre dans le cadre d'appel d'offres pour le renouvellement d'un parc informatique (Microsoft)

L’action de Savoir-Faire Linux Inc. à l’encontre de la Régie des Rentes du Québec avait à l’époque fait grand bruit (voir par ex. cet article) : un Client public se voyant reprocher de s’être fourni chez Microsoft (après avoir soigneusement évité toute procédure d’appel d’offres).

Plus précisément :

  • d’avoir « agi illégalement en procédant sans appel d’offres relativement à l’octroi d’un contrat visant le renouvellement de sa plate-forme informatique »
  • de « s’être arrêtée sur les logiciels propriétaires du fournisseur Microsoft, sans avoir procédé au préalable à une recherche sérieuse et documentée. »

Le jugement de la Cour Supérieure du Québec vient d’être rendu… et le comportement de la Régie est sanctionné.

Quelques éléments ci-après.

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vendredi 21 mai 2010

Article d Hervé Le Crosnier : Ne pas ouvrir la boîte de Pandore de la biologie synthétique

Un rapide billet pour diffuser un article repris sur Brest Ouvert sous CC-By-SA - en périphérie du Logiciel Libre - qui me semble mériter un audimat des plus large… Quoi qu’on puisse dire les enjeux liés à la Propriété Intellectuelle sont bien communs à ses différentes branches, et il n’est donc pas étonnant de trouver les mêmes personnes s’opposer aux abus et critiquer les détournements en la matière. Un grand merci à Hervé Le Crosnier pour cet article si éclairant.

{{Ce jeudi 20 mai 2010, le journal Science a publié un article d’une équipe de recherche emmenée par J. Craig Venter revendiquant la création de la première cellule dotée d’un ADN entièrement réalisé par ordinateur$$Creation of a Bacterial Cell Controlled by a Chemically Synthesized Genome http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/science.1190719 $$.

Pour Craig Venter cela représente : « une étape importante scientifiquement et philosophiquement  ». Les associations de la société civile, notamment ETC Group, demandent un moratoire sur les techniques employées dites de « biologie synthétique » et appellent à une réflexion globale sur la génétique extrême. Si l’on veut bien quitter le mode dithyrambique avec lequel cette annonce est relayée par la presse, cette publication scientifique, et les recherches menées pour ce résultat posent de nombreuses questions qui méritent toute l’attention des citoyens, des décideurs politiques, des associations de la société civile, et doit interroger toutes les communautés scientifiques.}}

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