N’ayant pas réellement pris de notes (seulement quelques gribouillis sur les supports qui nous furent fournis), je ne peux pas détailler les interventions qui me précédèrent. Toutes étant d’une grande qualité[1], autant dire que la barre était haute.

Classiquement, j’ai commencé par définir les notions et, ainsi, délimiter le sujet : ne souriez pas, définir un terme comme open source est aujourd’hui relativement simple, mais définir clairement cloud computing

Ma conclusion était finalement que ce qui se cache derrière le terme de « Cloud Computing » s’avère être un principe, un concept, une notion qui réunit tout un panel de services, applications, plates-formes, stockage, infrastructures, etc. : le Cloud Computing, c’est une informatique qui n’est plus limitée physiquement (à un lieu et territoire) mais qui, au contraire, est « par dessus » le réseau (définition quelque peu générale pour un juriste, j’en conviens) et s’adapte à la demande. Côté utilisateur, le discours « j’ai un besoin particulier pour une certaine période, je vais obtenir un service qui ne couvre que ce besoin pour cette période » ; côté services, ce serait « je propose un service qui nécessite telles ressources, je ne m’équipe donc que pour ses dernières et j’adapte ensuite sans limitation ou délai grâce un fournisseur, toujours en fonction des besoins ».

Ont suivi la définition des termes Logiciel Libre (logiciel qui offre les 4 libertés définies par la FSF) et Licence Open Source (licence dont les termes respectent les 10 critères définis par l‘Open Source Definition). Les conclusions que j’en tire sont, elles aussi, en accord avec ce que j’ai déjà pu développer au sein d’autres billets et je ne développerai pas plus :

  • Un logiciel dans le domaine public (fourni avec son code source) est donc libre, mais pas open source (voir ce billet pour plus de détails) ;
  • Les Licences se fédèrent toutes autour de ces deux définitions : seules leurs obligations et conditions les distinguent.

On peut retrouver quelques approfondissements ici.

Après avoir dans un second temps présenté la place fondamentale des logiciels libres dans le web et l’Internet, quelques développements permirent de pointer du doigt que les deux notions étaient finalement complémentaires et non exclusives (les critères ne se recoupant pas entre eux) — avec une concurrence qui est telle dans le milieu de l’édition de logiciels que les logiciels libres sont, de facto, massivement utilisés.

Comme toujours, vous trouverez ci-après une rapide présentation du plan et je vous invite à consulter les diapositives (en Annexe à la fin de ce billet) pour vous faire votre propre idée de l’intervention.

Plan :

I- Typologie des usages de l‘Open Source dans le Cloud Computing

A- Types d’usage

(hardware, infrastructure/plates-formes, software)

B- Types d’usagers

(professionnels & consommateurs/internautes)

C- Engagements issus des licences open source

(certains n’ayant qu’une connaissance réduite des logiciels utilisés)

II- L’appréhension récente des SaaS par les licences Open Source

A- Le mécanisme des licences libres

(présentation classique en distinguant obligations/étendue/élément déclencheur — et en précisant que la plupart date des années 80 ou 90)

B- Un point sur l’« ASP Loophole »

(avec un examen de quelques licences, dont : l’Honest Public License v1.0 ; L’Open Software License v3.0 ; la Reciprocal Public License v1.5 ; la Common Public Attribution License v1.0 ; la CeCILL v2.0 ; l’Affero GPL v1.0 ; l’EUPL v1.1 ; et enfin la GNU Affero GPL v3.0.

C- Les solutions apportées

(détails sur le processus qui a abouti à la rédaction de l’AGPL ; combinaison avec les autres licences GNU, etc.)

III- Vers l‘Open Cloud Computing ?

J’ai ici été amené à détailler un domaine très proche du logiciel libre, mais qui porte finalement sur un objet tout autre : l‘Open Cloud Computing ?

En réaction à l’indisponibilité du code source et aux autres problématiques susceptibles de limiter les libertés des utilisateurs du Cloud Computing, on voit aujourd’hui émerger quelques initiatives qui s’intéressent à trois autres enjeux : vie privée & données personnelles ; Free data ; interopérabilité/standardisation.

Voir notamment Tim O’Reilly qui propose de se baser et s’inspirer de l’ « Open Source Definition » pour créer une nouvelle définition :

  • Une possibilité de « forker » les services ;
  • Une architecture modulaire ;
  • Absence de barrière pour essayer les logiciels ;
  • Absence de barrières pour construire et développer.

J’ai aussi mentionné et situé les différentes initiatives open source actuelles en matière d’open source : Hadoop, Eucalyptus, 10gen & Salesmates (il y en a probablement beaucoup plus).

Enfin, la mention d’un nouveau consortium intitulé l’« Open Cloud Consortium » (OCC) et destiné à « libérer le Cloud Computing » a conclu cette intervention.

Notes

[1] Même celle de Microsoft !