VVL :: Le Blog sur les Licences Libres, Open Source, et leur diffusion

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Tag - Open Software License

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vendredi 16 décembre 2011

En exclusivité : le PDF du livre (libre) « Option Libre. Du bon usage des licences libres » enfin disponible au sein de la collection Framabook

Edit : parce que ce livre se veut être ouvert et collaboratif, une version commentable vient d’être déposée sur l’excellent outil co-ment de Sopinspace : page dédiée

Écrire un livre est un exercice particulier qui procure autant de joie que de souffrance – l’analogie avec l’accouchement n’est, à cet égard, pas dénuée de sens. Cela dit et quel que soit le chemin, on en ressort enrichi (je ne parle que de l’aspect intellectuel…), séduit par l’exercice (généralement avec le regret de n’avoir pu « faire plus encore ») et prêt à se lancer dans de nouveaux projets.

Ainsi, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’étais beaucoup moins présent ces derniers mois, l’engagement que j’avais pris au lancement de la collection Framabook de rédiger « un livre sur les licences libres » est enfin tenu (ce nouvel opus étant le 11e ouvrage de la collection). Ce livre (pas moins de 307 pages !) intitulé « Option Libre » est dédié aux licences libres, dans toutes leurs applications (logicielles, créations, art, données, hardware, cloud, etc.), mais aussi l’écosystème sur lequel elles se basent (l’équilibre intrinsèque aux différents droits de propriété intellectuelle, sans oublier les contestations et alternatives qui se développent dans cette sphère depuis quelques années). Tout en conservant l’objectif initial de vulgarisation, j’ai essayé de partager la compréhension du phénomène acquise de mes expériences professionnelles ou communautaires, mais aussi de l’activité de recherche que je continue à mener de front.Option_libre_premiere_couv_licence_CCby-228x300.jpg

Un ouvrage évolutif… La matière est si mouvante qu’il me serait déjà possible de revoir ma copie à certains égards, mais j’ai essayé de partager l’ensemble de mes réflexions dans le but de créer un terrain de discussion commun qui soit constructif et favorable aux échanges. Bien entendu, le système du Libre se caractérisant par une grande flexibilité, une mouvance constante et des chantiers de consolidation, j’essaierai de mettre à jour régulièrement ces quelques pages afin qu’elles continuent à décrire ces nouvelles façons de créer, de partager et d’innover.

Un ouvrage participatif… Enfin, l’ouvrage lui-même est bien sûr sous licence libre (en fait une triple licence LAL 1.3, GNU FDL et Creative Commons By-Sa). Ainsi, n’hésitez pas à télécharger et à diffuser la version PDF qui est dès à présent disponible sur le site de Framabook, ni même à me remonter toutes les remarques critiques que vous souhaiteriez partager. De nombreux amis et collègues ont déjà enrichi mon travail et je suis preneur de toute contribution (quelle que soit sa forme : question, requête, etc.) susceptible d’enrichir l’existant (vous pouvez même utiliser l’adresse mail framabook@optionlibre.fr pour tout ce qui concerne directement l’ouvrage). À ce sujet, je serai (probablement samedi, mais avec certitude) dimanche prochain au Lavoir Moderne parisien où se déroule l’événement Arts Festival : j’offre un verre à ceux ou celles qui auront déjà des retours sur l’ouvrage :-)

Un ouvrage numérique et papier. Comme tous les ouvrages de la collection, il sera disponible sous de multiples formes (les versions numériques étant libres et gratuites). La version papier (aussi sous licence libre) sera disponible à partir du 23 décembre sur le site EnVenteLibre.org et la moitié des droits d’auteur touchés sur cette dernière sera redistribuée à l’association Veni, Vidi, Libri. Last, but not least, le livre sera « officiellement » présenté fin janvier à la Cantine lors d’une journée qui permettra d’échanger plus largement sur les différentes problématiques (Logiciel Libre et Open Source, Open Data, Open Hardware, etc.) qui sont évoquées dans l’ouvrage.

La suite de ce billet reprend le texte publié sur le site de Framabook. J’en profite pour remercier une nouvelle fois tous mes collègues et ami(e)s dont le regard fut souvent salvateur, toute l’équipe de Framabook (particulièrement Christophe Masutti pour toute son énergie), Chloé Girard de l’association Les Complexes pour son aide de qualité ainsi que l’équipe de la Poule ou l’Œuf qui nous a fourni l’outil nécessaire à tout le travail d’édition prépublication. Un dernier mot pour reprendre ce qui est maintenant le « slogan » de Framasoft : « la route est longue, mais la voie est libre. »

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mercredi 2 septembre 2009

SAAS, quelles licences open source adopter ?

Anne Perny, stagiaire juriste à LINAGORA, travaille depuis maintenant 5 mois à mes côtés, finalisant ainsi sa formation « Stratégies Juridiques du Développement International »[1] et mettant en pratique la spécialisation open source choisie durant ces deux années de Master.

Les chantiers que nous menons de concert ou de façon plus autonome sont divers et vont de l’expertise open source (analyse contractuelle avant redistribution de logiciels) à la mise en place et le perfectionnement de la gouvernance open source de la société, en passant par les nombreuses problématiques qui sont le lot des juristes d’entreprise au sein de sociétés informatiques (NDA, CGU, contrats de sous-traitance, etc.). Outre le fait qu’elle allie avec brio des compétences juridiques et linguistiques bénéfiques à la Société (et des projets comme EOLE, pour lequel elle a su se rendre indispensable), elle est entièrement au fait des licences libres et open source, et c’est un vrai plaisir d’échanger avec elles sur ces problématiques.

Parmi les multiples tâches qu’elle mène de front, le résultat de l’une d’elles a été élargi afin de permettre la publication des slides que j’attache à ce billet (en attendant qu’elle crée son propre blog pour nous parler des licences libres). En quelques mots, il s’agissait de conseiller le choix de licences libres à la destination de projets hébergés en Saas et au regard de ce que certains ont appelé l’« asp loophole ».

Notes

[1] Le parcours ” Stratégies Juridiques du Développement International ” a pour objectif de former d’associer des compétences linguistiques et juridiques de haut niveau pour répondre aux attentes des professionnels du monde des affaires face à l’internationalisation croissante des échanges. Ce parcours offre deux spécialisations dans le domaine des technologies de l’information, dont une expertise dans l’analyse juridique de licences déterminant l’utilisation de logiciels de type “open source”

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mardi 27 mai 2008

Certification Open Source de la GNU Affero GPL : le temps de faire le point

Nous en avions, à l’époque de sa sortie, publié une courte analyse. Nous précisions alors qu’il ne s’agissait, ni plus ni moins, que d’une simple (?) GNU GPL v3 à laquelle venait se substituer une clause spécifique[1] (remplaçant logiquement l’article 13 de la GNU GPL v3 qui permet expressement l’integration de briques sous GNU AGPL dans un tout sous GNU GPL) venant encadrer l’usage qui pouvait être fait du logiciel par le réseau.

Cette licence, réclamée par beaucoup, venait combler l’ « ASP Loophole » (faille des logiciels utilisés en SaaS : Software as a Service[2]) en faisant en sorte que le licencié qui utilise un logiciel pour fournir un service à des utilisateurs via le réseau ne puisse le faire sans redistribuer les modifications qu’il aurait lui-même apportées à ce dernier. Lors de sa sortie, la FSF n’hésita pas à la présenter comme une ouverture plus large de la communauté du logiciel libre, permettant une libération des logiciels à une autre échelle pour créer un « nouveau pot commun » autour de ces programmes utilisés comme services :

La FSF recommande aux développeurs de songer à utiliser la GNU AGPL pour tout logiciel qui fonctionne habituellement au travers d’un réseau.[3]

[…]

Benjamin Mako Hill, membre du conseil d’administration de la FSF, déclara « la GNU GPL a été la licence libre la plus prospère parce qu’elle rend les sources d’un programme disponible pour tous ses utilisateurs. Ceci permet une collaboration massive entre les développeurs, puisque chacun retire un même bénéfice de cette règle. La GNU AGPL permettra le même type de coopération autour des logiciels utilisés pour le service web ou réseau »[4].

[…]

« La GNU AGPL est véritablement une licence communautaire » indiqua Peter Brown, Directeur Exécutif de la FSF. « Les commentaires que nous avons reçu lorsque nous travaillions sur la GPLv3 démontrèrent un désir clair pour ce type de licence. Et grâce à l’aide de la communauté durant la rédaction, nous sommes ravis que l’AGPL remplisse ces besoins ».[5]

Pour un avis contraire, voir cet article sur la position de Google et cet autre sur celle de Microsoft à propose de l’AGPL.

Les réactions furent par ailleurs extrêmes : les uns déclarant qu’il fallait dès lors utiliser systématiquement cette licence (puisque tout logiciel pouvait bien, un jour ou l’autre, être utilisé comme service) ; les autres hurlant à la mort du Libre du fait de son immixtion dans la sphère privée.

Trouvant que cette licence ajoutait une couche de complexité à une GPL déjà bien trop obscure, je ne la conseillais jusqu’à maintenant que rarement, attendant qu’elle se révèle pleinement, dans le bon comme dans le mauvais. La certification récente de la licence par l’OSI oblige néanmoins à prendre une position plus réfléchie sur cette licence. Je dois avouer avoir été assez étonné par celle-ci : seuls quelques mails avaient amorcé la discussion sur la mailing liste de l’OSI dédiée à l’étude des nouvelles licences (voir ce billet pour plus de détails sur la procédure), alors que des licences parfois bien plus simples et sans grand intérêt engendraient des échanges de plusieurs dizaines de mails (pour exemple, les fils dédiés aux licences de Microsoft ou à la GNU GPL ne sont toujours pas terminés après de longs mois).

Initialement plutôt favorable à cette licence qui ajoutait à la famille des licences GNU une particularité que n’abordait avec satisfaction que lOpen Software License (de Lawrence Rosen), je conseille aujourd’hui une assez grande vigilance dans son application. En effet, piqué par la curiosité, j’ai décidé de reprendre l’ensemble des échanges (principalement issus des quelques mailing-lists que je parcours habituellement : debian-legal ; open source –discute et review– ; et free software business) afin de dresser un tableau plus complet de la situation.

Force est de constater que le bilan n’est pas si rose, et l’historique instructif. Le résumé qui suit cherche à présenter le plus fidèlement possible les informations glanées en les regroupant en quelques points : l’historique de cette licence et de ses péripéties, la façon dont elle fut perçue par la communauté et les sociétés, sa portée et les diverses analyses qui complètent son appréhension.

Notes

[1] “13. Remote Network Interaction; Use with the GNU General Public License. Notwithstanding any other provision of this License, if you modify the Program, your modified version must prominently offer all users interacting with it remotely through a computer network (if your version supports such interaction) an opportunity to receive the Corresponding Source of your version by providing access to the Corresponding Source from a network server at no charge, through some standard or customary means of facilitating copying of software. This Corresponding Source shall include the Corresponding Source for any work covered by version 3 of the GNU General Public License that is incorporated pursuant to the following paragraph.

[2] «Logiciel utilisé en tant que service» – source de commentaires très forts.

[3] “The FSF recommends that people consider using the GNU AGPL for any software which will commonly be run over a network.

[4] FSF board member Benjamin Mako Hill said, “The GNU GPL has been the most successful free software license because it makes a program’s source available to its users. This enables massive collaboration between developers, since everyone gets the same benefits from this rule. The GNU AGPL will enable the same kind of cooperation around web services and other networked software.

[5] “The GNU AGPL is very much a community license,” said Peter Brown, executive director of the FSF. “The feedback we received while working on GPLv3 demonstrated a clear desire for this sort of license. And thanks to the community’s help during the drafting, we’re happy that the GNU AGPL meets those needs.

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